Le contournement des obstacles à l’adoption des soins virtuels peut vous aider à établir des liens avec vos patients

September 16, 2019 Mme LeeEllen Carroll

Les soins virtuels sont au centre de l’attention en santé. Certains disent même qu’ils révolutionneront la prestation de soins et la médecine au Canada.

Les soins virtuels sont définis comme toute interaction entre patients, entre personnes qui participent à leurs soins ou entre membres de ces deux groupes, ayant lieu à distance et utilisant toute forme de technologie de l’information ou de communication et visant à améliorer ou à maximiser la qualité et l’efficacité des soins aux patients.

Ils nécessitent à la fois les médias numériques, les technologies de la santé et les appareils mobiles, et ils utilisent des procédés alimentés par l’intelligence artificielle et la réalité virtuelle et augmentée pour créer un lien continu entre les patients et les membres de leurs équipes de soins.

Pratiques pour les médecins comme pour les patients, ils améliorent directement l’accès aux soins : les consultations à distance peuvent par exemple sauver des vies dans les communautés éloignées.

Les avantages que représente la technologie des soins virtuels sont indéniables. Pourtant les médecins tardent à les adopter. Qu’est-ce qui les retient?

Dans un sondage mené par Deloitte en 2018, les médecins ont notamment expliqué le faible niveau d’adoption par :

  • la peur des erreurs médicales;
  • les préoccupations quant à la confidentialité;
  • l’absence de ces technologies dans certains milieux de travail;
  • le coût d’achat de l’équipement.

Le même sondage relève que les principaux avantages des soins virtuels sont :

  • l’accessibilité accrue des soins pour le patient;
  • la hausse de la satisfaction des patients;
  • le maintien des liens entre le patient et les fournisseurs de soins;
  • l’amélioration des résultats et de l’efficacité des soins;
  • l’augmentation potentielle de la rentabilité des soins;
  • la plus grande flexibilité d’horaires de travail pour les médecins.

Deloitte reconnaît que le coût d’intégration d’un système de soins virtuels se prête mieux aux hôpitaux qu’aux petites cliniques. D’un point de vue opérationnel, Deloitte encourage les hôpitaux à adopter cette technologie pour les raisons suivantes :

  • L’expérimentation des nouvelles technologies pourrait aider les médecins à s’ouvrir aux soins virtuels.
  • Les soins virtuels sont une manière de retenir et de desservir davantage de patients.
  • Offrir des soins virtuels comme le réclame la clientèle pourrait être un pas vers les soins axés sur le patient.

Selon le Harvard Business Review, les soins de santé virtuels pourraient faire économiser des milliards de dollars chaque année aux États-Unis grâce aux mesures suivantes :

  • La simplification des examens en personne passe par l’obtention de renseignements avant la consultation – renseignements personnels, données sur les symptômes et identification préalable des options. Le médecin a ainsi plus de temps pour l’examen en tant que tel, le diagnostic et le traitement.
  • Le port de capteurs et de dispositifs biométriques permet aux fournisseurs de soins de recueillir des renseignements sur les patients dont ils pourront discuter pendant la consultation.
  • Les adultes qui souffrent de diabète ou d’autres affections chroniques qui utilisent des technologies mobiles sophistiquées peuvent prendre en charge leur maladie de façon efficace et adapter leur mode de vie, ce qui réduit la nécessité des rendez-vous en personne. Cette même technologie peut proposer et lancer un plan d’autogestion personnalisé, plan qui évoluera selon l’état de santé du patient.

Au Canada, l’Institut C.D. Howe traite aussi de l’aspect économique des soins virtuels et prévient que les retards dans la modernisation pourraient affaiblir l’appui au système public canadien. De plus, il y a un manque de clarté dans les codes de facturation des traitements virtuels. Les soins virtuels privés, qui sont payés par le patient, risquent de créer deux classes de soins, en fonction de la technologie. L’Institut C.D. Howe distingue aussi les soins virtuels par leur croissance économique, en mettant en évidence l’augmentation des partenariats entre les écoles de médecine et les départements d’informatique dans la création de programmes de santé numérique, soit de services de soins de santé canadiens exportables par des objets et des applications de savoir ou par la prestation de soins directe et le diagnostic.

Dans un document contextuel sur l’avenir des soins de santé, l’Association médicale canadienne reconnaît que ces obstacles seront surmontés en temps utile. En souhaitant que l’attente soit courte, puisqu’un récent rapport de l’AMC révèle que les Canadiens veulent obtenir des soins de santé en ligne. Les soins virtuels doivent faire partie intégrante de notre système de santé, et non être un élément à part. Ils donneront lieu à une médecine plus connectée, intégrée et pratique. Et quand ils seront là, nous nous demanderons comment nous avons pu nous en passer.

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Ces documents sont publiés uniquement à titre informatif. Ils ne remplacent en rien un avis médical en bonne et due forme et ne doivent pas être considérés comme des conseils médicaux ou personnels. Les auteurs s’expriment à titre personnel, et leurs opinions ne reflètent pas nécessairement celles de l’Association médicale canadienne et de ses filiales, y compris Joule. L’innovation dirigée par des médecins vous passionne? Écrivez-nous à infojoule@amc.ca.

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