La haute technologie au service des patients atteints de MPOC

 
Vivre avec une maladie chronique progressive est toujours difficile. Elle peut grandement diminuer la qualité de vie des personnes atteintes et les empêcher de prendre part à leurs activités quotidiennes. 
 
Souvent, pour les personnes qui souffrent de maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), faire quelques pas, sortir de chez soi ou obtenir une bonne nuit de sommeil sont impossibles en raison de la toux persistante et de l’essoufflement propres à la maladie. 
 
Sans un traitement approprié et une prise en charge des symptômes, cette maladie répandue peut être mortelle. Aux stades plus avancés, elle peut occasionner des visites fréquentes à l’urgence et de longs séjours hospitaliers.
 
Les répercussions de la MPOC ne touchent souvent pas uniquement le patient, mais aussi sa famille et ses proches.
 
Pour atténuer le fardeau, toutefois, le Markham Stouffville Hospital (MSH) a lancé un nouveau programme intitulé « Breathe Better at Home » [Mieux respirer à la maison]. La première étape de ce projet pilote, amorcé en 2017, a été de présenter une approche technologique pour la prise en charge de la maladie chronique au Centre de santé respiratoire du MSH.
 
« Nous voulons que les patients prennent le contrôle de leur santé, et nous leur fournissons des outils et des connaissances qui les aideront à mieux comprendre leur maladie », résume Katrina Engel, inhalothérapeute et responsable du projet clinique au MSH. 
 
L’un de ces outils est la trousse de diagnostic de santé connectée de Cloud DX, qui permet aux patients ou à leurs aidants de mesurer régulièrement les principaux signes vitaux, dans le confort de leur foyer. 
 
Le test d’évaluation de la MPOC, un paramètre qui a été ajouté à la trousse, a énormément facilité la reconnaissance des exacerbations. « C’est un test normalisé qui représente les symptômes du patient par un simple chiffre, explique Mme Engel. Une alerte est alors programmée en fonction de ce chiffre. Le test est validé cliniquement pour les patients atteints d’une MPOC de degré modéré à grave ».
 
Les résultats et les signes vitaux sont surveillés par l’équipe soignante du patient, au moyen d’un portail pour les cliniciens. Les premiers signaux d’alarme aident les patients et les cliniciens à intervenir rapidement en établissant un plan d’action pour pallier ou prévenir les exacerbations aiguës. 
 
En partenariat avec le Women’s College Hospital et Closing the Gap Healthcare, le MSH voulait valider l’utilisation de la technologie de télésurveillance des patients atteints de MPOC; ce fut une réussite.  
 
Une récente analyse du programme par le MSH, programme qui a débuté avec 122 trousses, a démontré que les hospitalisations et les consultations à l’urgence en lien avec la MPOC avaient diminué au cours des six mois suivant l’inscription au programme. Il est également possible que des économies de coûts aient été réalisées, car les hospitalisations en raison de la MPOC ont probablement été plus brèves.
 
« Cette approche technologique est un voyage à la découverte de soi guidé par un clinicien, au cours duquel le patient se familiarise avec sa propre physiologie et apprend à prendre en charge et à protéger sa santé », explique Mme Engel. 
 
Pour Mme Engel et son équipe, l’un des plus grands avantages du programme est l’amélioration de l’expérience des patients. Jusqu’à 83 % des patients inscrits ont dit qu’ils continueraient de participer au programme, car ils se sentent plus en contrôle, plus confiants envers leur équipe soignante et qu’ils ont un meilleur accès aux soins quand ils en ont besoin.
 
« Cette utilisation de la technologie favorise l’interaction avec les équipes soignantes qui, en retour, soutiennent plus efficacement les patients en leur faisant de l’enseignement et en les orientant », souligne Mme Engel.
 
Étant donné le succès du programme, le MSH a investi des fonds additionnels pour 2019 2020 afin d’y ajouter 125 trousses et d’adopter une approche de soins plus holistique.
 
« Nous utilisons les principales conclusions du projet pilote pour parfaire notre modèle de prestation de soins et mieux cibler la population la plus susceptible de tirer profit du programme : les grands utilisateurs de soins de santé atteints de maladies chroniques ou de multiples comorbidités ». 
 
Interrogée sur ce que les établissements désireux d’adopter un modèle similaire devraient rechercher, Mme Engel répond :
  • Souvent, les patients atteints de MPOC ont des comorbidités, et les programmes de télésurveillance devraient prioriser le traitement holistique du patient.
  • La réussite du programme repose sur le jugement des patients. Il est irréaliste de croire qu’ils peuvent y arriver seuls. Il ne suffit donc pas de les renvoyer chez eux avec l’équipement et un plan d’action. Il leur faut des plans d’action faciles à suivre, un traitement personnalisé et beaucoup d’interactions avec l’équipe soignante.
  • La réussite du programme ne dépend pas du seul contrôle des signes vitaux, mais plutôt de ce que le clinicien et le patient décident de faire des renseignements recueillis. Il est important de bâtir un programme doté de l’infrastructure requise pour prendre en charge les signes vitaux anormaux, plutôt que de devoir dire aux patients de se rendre à l’urgence.
  • La réussite dépend de l’intervention des cliniciens. Ils doivent être là pour la prise de décision, et jouer un rôle actif dans la conception du programme. Certains cliniciens considèrent que leur participation au programme a alourdi leur tâche, alors que d’autres n’ont remarqué aucun effet. Mais dans l’ensemble, après avoir constaté la valeur du programme et l’amélioration des soins prodigués à leurs patients, plusieurs sont allés au-delà de ce que l’on attendait d’eux.
  • Les outils seuls ne règlent pas les problèmes d’accès pour les patients. Il faut encore combler les lacunes quand des spécialistes sont requis, particulièrement dans les situations d’urgence. 
 
Au Canada, 44 % des adultes de plus de 20 ans présentent au moins un des dix principaux problèmes de santé chronique. Imaginez si toutes ces personnes avaient accès à plus de programmes comme « Breathe Better at Home », qui leur offriraient des outils, de l’information et du soutien pour mieux prendre en charge leurs maladies à la maison…
 
 
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À propos de l’auteur

Mme Nicole Forget

Gestionnaire de contenu chez Joule, Nicole Forget est animée par la curiosité, le pouvoir des anecdotes et les approches visant à améliorer les soins de santé pour tous. Le jour, elle développe du contenu, effectue du travail de révision et planifie le calendrier de rédaction. Le soir, elle court, fait du vélo le long du canal Rideau ou écoute des films.

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