Interrogez nos bibliothécaires : intoxication au monoxyde de carbone

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Au Canada, durant les mois les plus froids, là où il y a une plus grande utilisation d’appareils à combustion, il ne faut pas oublier la possibilité d’une intoxication au monoxyde de carbone (CO). Selon une étude menée en 2017 par l’Université de la vallée du Fraser, le CO est responsable de plus de 300 décès et de plus de 200 hospitalisations chaque année au pays. Parmi les personnes hospitalisées, 75 % avaient été exposées dans leur domicile. Le CO, un gaz mortel, s’avère particulièrement dangereux pendant le sommeil.

Le CO est un gaz incolore, inodore et insipide. Seul un détecteur de monoxyde de carbone peut révéler sa présence.

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Résumés cliniques de DynaMed

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Intoxication au monoxyde de carbone

  • Les facteurs de risque les plus courants comprennent :
    • l’utilisation d’un poêle à charbon, à coke, au gaz, à l’huile ou encore d’un foyer au bois, et l’utilisation conjointe d’appareils de chauffage et de cuisson situés dans des endroits mal aérés;
    • l’inhalation de la fumée provenant d’un feu de foyer ou d’un incendie;  
    • l’inhalation des gaz d’échappement d’un véhicule (intentionnellement ou non);
    • l’exposition au dichlorométhane, qui est transformé en monoxyde de carbone par le foie et qui peut provenir :
      • de solvants industriels;
      • de produits domestiques (p. ex., décapants et diluants à peinture).
  • La consommation d’alcool ou de drogue peut poser un risque accru d’intoxication non intentionnelle.

Évaluation

  • Soupçonner une intoxication chez les patients qui peuvent avoir été récemment exposés à du CO et qui présentent des symptômes notables d’intoxication, (maux de tête, nausée, dyspnée, altération de l’état de conscience, etc.).
  • Mesurer le taux de carboxyhémoglobine (COHb) pour confirmer le diagnostic. Un taux élevé indique une intoxication au CO, mais un taux faible ou normal n’en exclut pas la possibilité.
    • La recherche d’un taux élevé de COHb peut être réalisée à l’aide d’un CO-oxymètre portatif; il faut toutefois éviter d’utiliser un oxymètre de pouls.
    • Un test concluant, soit une gazométrie, est généralement effectué avec un échantillon de sang artériel, mais peut être réalisé avec un échantillon de sang veineux, le taux de COHb étant semblable dans les deux cas.
    • La concentration de COHb qui indique une intoxication au CO est de : 
      • ≥ 3 % à 4 % chez les non-fumeurs;
      • ≥ 10 % chez les fumeurs.
  • Vérifier le taux de lactate sérique pour dépister une intoxication concomitante au cyanure (généralement caractérisée par un taux de lactate de plus de 10 mmol/L), si la source du CO est un incendie.
  • Faire une radiographie pulmonaire afin de vérifier s’il pourrait y avoir d’autres causes à la dyspnée.
  • Effectuer un électrocardiogramme et doser les enzymes cardiaques pour déceler une possible lésion myocardique chez les patients victimes d’une intoxication au CO modérée ou grave (rechercher la présence d’une ischémie myocardique, d’un infarcissement ou d’une arythmie) (fortement recommandé).
  • Envisager d’effectuer un bilan toxicologique si l’intoxication au CO était intentionnelle.

Prise en charge

  • Traiter les patients chez qui l’on soupçonne une exposition au monoxyde de carbone (CO) en leur administrant de l’oxygène par inhalation (après avoir vérifié le taux de carboxyhémoglobine).
    • Administrer de l’oxygène à 100 % au moyen d’un masque sans réinspiration jusqu’à ce que les symptômes disparaissent et que le taux de carboxyhémoglobine soit de :
      • ≤ 3 % à 4 % chez les non-fumeurs;
      • ≤ 10 % chez les fumeurs.
    • Envisager l’oxygénothérapie hyperbare chez les patients victimes d’une intoxication au CO (faiblement recommandé).
      • Il n’y a pas de critères précis ou de données probantes concluantes sur l’oxygénothérapie hyperbare.
      • Les spécialistes recommandent souvent ce traitement dans les cas suivants :
        • Perte de conscience;
        • Signes neurologiques anormaux qui persistent (p. ex., altération de l’état de conscience);
        • Grossesse;
        • Taux de carboxyhémoglobine élevé (> 25 %);
        • Exposition prolongée (> 24 heures);
        • Dysfonctionnement cardiovasculaire;
        • Intoxication au CO découlant d’une exposition au dichlorométhane.
  • La demi-vie d’élimination du CO est de 4 à 5 heures chez la plupart des patients qui respirent de l’air ambiant, et de 13 heures chez ceux qui sont victimes d’une intoxication au CO en raison d’une exposition au dichlorométhane.
    • L’administration d’oxygène à 100 % au moyen d’un masque sans réinspiration diminue la demi-vie à environ :
      • une heure chez la plupart des patients;
      • six heures chez les patients qui ont été exposés au dichlorométhane.
    • La chambre hyperbare à 2,5 atmosphères réduit la demi-vie à 20 minutes.
    • Les patients victimes d’une intoxication au CO en raison d’une exposition au dichlorométhane peuvent avoir besoin d’un traitement plus long parce que la demi-vie du CO provenant de cette source est plus longue.
  • Effectuer un suivi clinique un à deux mois après toute intoxication accidentelle aiguë afin de déceler la présence de séquelles neurologiques tardives.

Aperçu (Les membres ont accès à tous les résumés ici grâce à ce lien.)

 

Résumés cliniques d’Essential Evidence Plus

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Intoxication au monoxyde de carbone

Le diagnostic

Principaux éléments

  • S’appuyer sur une anamnèse détaillée et sur un examen physique du patient.  
  • Utiliser des tests diagnostiques pour évaluer la gravité de l’intoxication.
  • Mesurer le taux de COHb.
  • Utiliser la neuroimagerie pour exclure d’autres diagnostics.

Antécédents et examen médical

  • Faire l’anamnèse et obtenir des preuves objectives, si possible, de l’inhalation d’une substance toxique et de la durée d’exposition. Se concentrer sur les symptômes d’ordre neurologique, cardiovasculaire et les autres symptômes comme les douleurs abdominales et les crampes musculaires.
  • Reconnaître les symptômes les plus courants, comme les maux de tête, la faiblesse, les crampes musculaires, la nausée, les vomissements, les douleurs abdominales, l’altération de l’état de conscience, les vertiges, les douleurs à la poitrine, la dyspnée et les pertes de mémoire.
  • Vérifier si d’autres résidents du domicile présentent des symptômes similaires.
  • Vérifier si le patient fume et s’il a été exposé aux gaz d’échappement de voitures ou à d’autres sources de CO.
  • Rechercher, à l’examen physique, les signes et symptômes d’hypoxie tissulaire, dont des déficits neurologiques et des anomalies cardiovasculaires.
  • Noter la présence de signes courants comme l’ataxie, la dysrythmie, le coma et la formation de vésicules sur la peau.

Tests diagnostiques

  • Demander une formule sanguine complète, un dosage des électrolytes, un test de la fonction rénale, une analyse d’urine ainsi qu’une gazométrie artérielle et une CO-oxymétrie visant à connaître le taux de COHb. L’oxymétrie de pouls n’a que peu d’utilité, la technologie actuelle ne faisant pas la différence entre le COHb et l’hémoglobine oxygénée.
  • Un taux élevé de COHb est habituel chez les fumeurs; le taux de COHb devient aussi moins fiable à mesure qu’on s’éloigne du moment de l’exposition au CO, et il n’y a pas toujours de corrélation avec les symptômes ou les résultats.  
  • Les protéines de liaison des acides gras du cœur peuvent jouer le rôle utile de biomarqueurs dans le cas d’une intoxication aiguë au CO, avec un seuil de > 1,5 ng/ml. 6
  • Demander une radiographie pulmonaire pour les patients qui présentent des signes ou des symptômes cardiovasculaires ou respiratoires. Envisager la neuroimagerie chez les patients qui sont inconscients ou qui présentent d’autres symptômes neurologiques.
  • La CK-MB et la troponine cardiaque peuvent servir à repérer les dommages cardiaques aigus causés par une intoxication au CO. 9
  • La réalisation d’un test de grossesse est obligatoire chez les femmes en âge de procréer, le fœtus étant plus à risque que la mère en raison de l’affinité accrue du CO pour l’hémoglobine (Hb) fœtale. 1

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Lectures complémentaires

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Résumé clinique – Intoxication au monoxyde de carbone – Mise à jour : 20 septembre 2019. © 2019.

Résumé

Principaux éléments

  • L’intoxication au monoxyde de carbone est causée par l’exposition au CO, un gaz incolore et inodore découlant de la combustion incomplète de produits à base de carbone (p. ex. gaz, charbon)1.
    • L’exposition peut être intentionnelle (tentative de suicide) ou non (source de combustion située dans un endroit mal aéré, incendie de maison).
  • Les signes et symptômes d’une intoxication peuvent être attribués à divers problèmes de santé. On parle de maux de tête, de vertiges, de nausées, de dyspnée, de douleurs à la poitrine et d’une altération de l’état de conscience. Ils peuvent donc facilement entraîner un mauvais diagnostic.
  • Le diagnostic repose sur les antécédents d’exposition, les symptômes cliniques et un taux élevé de carboxyhémoglobine sérique.
  • Le traitement de première intention consiste à administrer de l’oxygène normobare à 100 % par masque facial ou intubation endotrachéale, et à offrir une assistance respiratoire et cardiovasculaire, au besoin.
  • Un traitement en chambre hyperbare est indiqué chez certains patients, notamment ceux qui présentent des symptômes d’intoxication grave (perte de conscience et manifestations cardiaques ou neurologiques) et les femmes enceintes.

Inconvénients

  • Facilement mal diagnostiquée en l’absence d’antécédents d’exposition évidents; garder ce diagnostic en tête pendant les mois d’hiver.
  • Les effets toxiques sont plus graves chez le fœtus que chez la mère; les femmes enceintes devraient recevoir une oxygénothérapie (en chambre hyperbare au besoin), même si les symptômes cliniques sont bénins.

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Articles du JAMC et du JAMC Ouvert :

Five things to know about...: Carbon monoxide poisoning, Peter E. Wu et David N. Juurlink, JAMC, 13 mai 2014, vol. 186, no 8, p. 611.

Mortality and hospital admission rates for unintentional nonfire-related carbon monoxide poisoning across Canada: a trend analysis, Eric Lavigne, Scott Weichenthal, Joan Wong, Marc Smith-Doiron, Rose Dugandzic et Tom Kosatsky, JAMC Ouvert, vol. 3, no 2, p. E223-E230, publié en ligne le 25 mai 2015.

 

Sources d’information gratuites

Carbon Monoxyde Poisoning: Hospitalizations and Deaths in Canada, Université de la vallée du Fraser, 2017.

Prévenez les empoisonnements au monoxyde de carbone, gouvernement du Canada, date de modification : 21 août 2019.

Carbon Monoxyde Poisoning, HealthLink BC, mise à jour : 13 décembre 2018.

Monoxyde de carbone, Conseil canadien de la sécurité.

Carbon Monoxyde Poisoning, Centers for Disease Control and Prevention, dernière révision : 3 janvier 2020.

 

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À propos de l’auteur

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