Une technologie de surveillance à distance aide les aînés à mieux respirer à la maison

La maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) arrive au second rang des causes d’hospitalisations les plus fréquentes au Canada. La vie avec une maladie chronique est souvent synonyme de visites fréquentes à l’urgence et de longs séjours à l’hôpital. Du moins jusqu’à présent.

Grâce à une technologie faisant appel à l’intelligence artificielle, les équipes de soins peuvent désormais surveiller l’état d’un patient à distance, ce qui est idéal pour la prise en charge de maladies chroniques comme la MPOC. En décelant une décompensation tôt, l’équipe de soins peut intervenir rapidement pour traiter ou même prévenir une exacerbation aiguë. Il en résulte une réduction des admissions à l’hôpital et des visites à l’urgence, sans compter la possibilité pour les patients de jouer un rôle plus actif dans leurs soins.

Les patients reçoivent une tablette et d’autres outils pour mesurer leurs signes vitaux, notamment la pression artérielle, la fréquence cardiaque, le poids et la saturation du sang en oxygène. Ces données, de même que les réponses à des auto-évaluations des symptômes et du bien-être général, sont automatiquement envoyées à l’équipe de soins. Avec cette solution, développée par Cloud DX, les patients peuvent aussi avoir une consultation virtuelle avec leurs professionnels de la santé.

Selon Cara MacDonald, gestionnaire principale des opérations chez Cloud DX, la surveillance à distance de l’état des patients résout de nombreux problèmes auxquels font face les Canadiens et le système de santé canadien. « Cette façon de faire permet aux patients de rester chez eux plus longtemps, de réduire les visites à l’hôpital et de réduire la durée des séjours lorsqu’une hospitalisation est inévitable. »

Mme MacDonald et l’équipe de soutien de Cloud DX, qui compte des infirmières auxiliaires autorisées et des préposés aux services de soutien à la personne, travaillent en étroite collaboration avec les patients pour que ceux-ci soient à l’aise avec la technologie.

Voici ce qu’elle a appris en travaillant sur des projets comme le programme Breathe Better de l’Hôpital Markham Stouffville :

Les patients n’ont pas besoin de s’y connaître en technologies numériques

On croit à tort qu’un patient doit être assez jeune ou avoir un certain niveau d’expérience avec la technologie pour en garantir l’efficacité. D’après l’expérience de Mme MacDonald, les patients sont enthousiastes à l’idée d’en savoir plus sur leur maladie chronique et de prendre les rênes de leur santé.

« Des patients aussi âgés que 98 ans ont participé avec enthousiasme à des programmes de surveillance à distance pour la MPOC; ils ont remarquablement bien collaboré et les résultats ont été extraordinaires », confie-t-elle. La conviction selon laquelle n’importe qui peut apprendre est bénéfique tant pour la santé que pour le bien-être général des patients.

Briser le mythe selon lequel la participation des patients mène à l’adhésion

« En fait, nous avons constaté que c’est plutôt l’inverse, affirme Mme MacDonald. L’adhésion mène à la participation des patients. » Pour encourager cette participation, surtout à l’étape initiale du déploiement, l’équipe de soutien de Cloud DX communique souvent avec les patients. Elle doit s’assurer qu’ils se sentent à l’aise et bien outillés pour utiliser la technologie conformément au plan d’action de leur équipe de soins. « Lorsque nous parlons aux patients, nous pouvons créer des liens solides avec eux et devenons en quelque sorte le complément de leur équipe de soins globaux », dit-elle.

« En mesurant leurs signes vitaux au quotidien, les patients finissent par en faire une habitude et prennent conscience de ce qui est “normal” et de ce qui est préoccupant. Ils sont plus à même de prendre en main leur santé et de prendre en charge leur MPOC. » Cette tranquillité d’esprit se répercute aussi sur la famille des patients et sur leurs soignants.

L’importance d’avoir des alliés solides

Selon Mme MacDonald, pour un déploiement réussi, il faut des alliés motivés. « Il est essentiel de nommer un promoteur au sein de chacun des groupes partenaires, souligne-t-elle, surtout dans une clinique ou dans un hôpital. » La gestionnaire attribue à l’inhalothérapeute et responsable du projet clinique Katrina Engel le succès du déploiement de la technologie à l’Hôpital Markham Stouffville.

« J’attribue une grande partie de ce triomphe directement à Katrina, se réjouit Mme MacDonald. Elle s’est investie personnellement dans le projet, et son engagement à l’égard de ses patients et de l’introduction de ce système de surveillance à distance pour les patients atteints de MPOC témoigne de ses incroyables compétences. Elle est la partenaire et la promotrice idéale. »

L’adaptabilité mène à de meilleurs résultats

Tout projet pilote doit respecter un ensemble de protocoles en place. Cara MacDonald affirme que la polyvalence du projet pourrait accélérer le processus : « Dans un projet traditionnel autre qu’un projet pilote, on a plus de flexibilité. La souplesse et l’adaptabilité entraînent de meilleurs résultats pour les patients et contribuent au succès des projets. »

Une fois mis en place, les programmes efficaces comme ceux-ci sont avantageux pour toutes les personnes touchées : les patients, les aidants naturels, les fournisseurs de soins et les établissements de santé. À plus grande échelle, les retombées sur notre système de santé seraient considérables. Cela soulève les questions suivantes : que faudrait-il faire, et comment s’y prendre?

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