Aplatir la courbe au Nouveau-Brunswick : les foyers de soins de longue durée épargnés par la COVID-19

Aujourd’hui, le Nouveau-Brunswick n’a pas eu de nouveaux cas de COVID-19.

C’est le sixième jour sans nouveau cas dans la dernière semaine et demie. Avec seulement 118 cas dans toute la province, ma communauté a été épargnée d’une bonne part de l’anxiété et des perturbations associées à la pandémie.

À l’heure où j’écris ces lignes, je n’ai pas non plus entendu parler de cas de COVID-19 parmi les résidents ou les employés de nos foyers de soins de longue durée. Sur ce plan, je crois que nous l’avons échappé belle. Mais il ne faut pas non plus baisser notre garde.

Un message d’aînés à leur famille à un foyer de soins de longue durée du Nouveau-Brunswick Un message d’aînés à leur famille à un foyer de soins de longue durée du Nouveau-Brunswick

Je soigne des résidents de foyers de soins de longue durée depuis 26 ans. Il a donc été difficile pour moi de vivre avec le fait que depuis la fin de ma quarantaine de 14 jours à la fin mars, je n’ai pas encore pu visiter le foyer sans but lucratif où je partage les tâches de direction médicale.

Ma codirectrice et moi communiquons quotidiennement avec le foyer, qui est en confinement et interdit les visiteurs depuis la fin mars. J’essaie de trouver un équilibre entre les besoins des résidents et ceux du personnel et le risque qu’une personne comme moi fasse entrer la COVID-19 dans le foyer. Après avoir travaillé à l’hôpital la semaine dernière, j’ai pris la décision d’attendre encore sept jours avant de planifier une visite en personne.

En ce moment, tout semble bien aller. Il n’y a pas de problèmes cliniques graves chez les résidents, la plupart se sont bien adaptés aux nouveaux protocoles, et le personnel se sent soutenu. Mais je sais que les familles trouvent la situation difficile, particulièrement lorsque leur proche est atteint de démence.

Les communications virtuelles aident les familles à garder le contact. J’ai une bonne amie dont la mère nonagénaire vit dans un foyer de soins de longue durée. Elle est atteinte de démence, mais est par ailleurs en bonne santé et toujours active. Mon amie l’appelle sur FaceTime, grâce à un iPad fourni par le foyer. Bien qu’elles n’aient pas réussi à avoir une conversation bidirectionnelle, la mère de mon amie est heureuse de voir sa fille et d’entendre sa voix.

Je crois que le Nouveau-Brunswick a été relativement épargné par la pandémie en raison de son profil démographique. Nous avons peu de grandes zones urbaines densément peuplées, beaucoup de gens sont naturellement isolés, et notre population voyage probablement moins que celles d’autres régions. Les Néo-Brunswickois ont généralement bien respecté les règles d’éloignement sanitaire dictées par la santé publique.

Cependant, d’ici à ce que nous ayons un vaccin, je crois que nous devrons maintenir beaucoup des mesures qui ont aidé à prévenir la propagation de la COVID-19 – comme la fermeture des frontières provinciales à tous les voyageurs dont le déplacement est non essentiel.

Ces restrictions peuvent être désagréables ou même coûteuses pour certains, mais elles sont notre meilleur espoir de contenir la pandémie et de protéger les résidents des foyers de soins de longue durée, qui dépendent du respect des règles par les autres pour rester en santé.

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Ces documents sont publiés uniquement à titre informatif. Ils ne remplacent en rien un avis médical en bonne et due forme et ne doivent pas être considérés comme des conseils médicaux ou personnels. Les auteurs s’expriment à titre personnel, et leurs opinions ne reflètent pas nécessairement celles de l’Association médicale canadienne et de ses filiales, y compris Joule. Ce sujet vous passionne? Écrivez-nous à infojoule@amc.ca.

À propos de l’auteur

Dre Ann Collins

La Dre Ann Collins administre à temps plein une clinique de médecine familiale à Fredericton, au Nouveau Brunswick, et est la présidente désignée de l’Association médicale canadienne.

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