De retour à un bureau vide : le témoignage d’une médecin sur la COVID-19

Les rues de Fredericton sont désertes, tout comme ma salle d’attente.

Mais comme des milliers d’autres médecins au pays, je continue de m’occuper de mes patients pendant la pandémie de COVID-19. Après 14 jours d’auto-isolement à mon retour de voyage, je suis retournée cette semaine à ma clinique de médecine familiale. Je ne reconnais plus l’endroit que j’ai laissé à la fin février : un bureau vide avec seulement moi-même et mon assistant.

Il est possible de prodiguer des soins à distance de la maison, mais je préfère séparer vie privée et vie professionnelle. C’est déjà difficile de garder une vie normale dans une réalité qui n’a (certainement) rien de normal.

Je travaille depuis ma clinique et je communique avec la majorité de mes patients par téléphone. On voit bien que les soins virtuels sont possibles même sans support numérique. 

Bien que j’utilise encore un système de dossiers papier, j’ai la chance de pratiquer dans une province qui a été parmi les premières au pays à instaurer un code de facturation pour les soins prodigués par téléphone.

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Le Guide sur les soins virtuels a été créé par l’Association médicale canadienne, le Collège des médecins de famille du Canada et le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada.

Je suis occupée, mais je dois dire que je me sens un peu seule.  

Le contact physique avec les patients et les gens qui entrent et qui sortent de mon cabinet me manquent. J’ai eu quelques interactions directes à faible risque avec certains patients, par exemple, des enfants en bas âge que j’ai vaccinés, mais c’est rare.

Mes patients comprennent la situation et me remercient de prendre contact avec eux, ne serait-ce que par téléphone. La plupart respectent davantage le temps que je leur alloue et limitent le nombre de problèmes dont ils veulent me faire part.

Comme je n’ai plus de contact direct en personne avec mes patients, j’essaie de faire des évaluations plus complètes. Je me considère plutôt privilégiée de soigner des patients que je connais depuis plusieurs dizaines d’années et dont les problèmes de santé me sont familiers.

Par ailleurs, je peux rester en contact avec d’autres médecins de famille de la région grâce à Zoom. On discute et on compare les changements dans la prestation des soins que nous voyons dans notre région. Il s’est avéré gratifiant de voir de jeunes médecins faire preuve de leadership. Cette crise crée un véritable sentiment de solidarité en ce moment au sein de la profession.

Mais honnêtement, je commence à en avoir assez de composer avec ce nouveau coronavirus, non seulement pour moi-même, mais aussi pour mes collègues et mes patients. 

Le sentiment d’incertitude qui entoure l’évolution de cette pandémie fait tranquillement son chemin, et nous devons adapter notre quotidien à cette nouvelle réalité.

Au début de la semaine, je devais laisser quelque chose chez ma fille. Quand j’ai ouvert la porte pour signaler mon arrivée, ma petite-fille m’attendait. Au lieu de m’accueillir avec un câlin ou une bise, elle m’a simplement regardée et m’a dit, du haut de ses trois ans : « Tu ne peux pas me toucher! »

C’est très bien, mais cela nous montre, une fois de plus, combien nos vies ont changé.

Lire autres pensées de la Dre Ann Collins durant la pandemie COVID-19:

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Ces documents sont publiés uniquement à titre informatif. Ils ne remplacent en rien un avis médical en bonne et due forme et ne doivent pas être considérés comme des conseils médicaux ou personnels. Les auteurs s’expriment à titre personnel, et leurs opinions ne reflètent pas nécessairement celles de l’Association médicale canadienne et de ses filiales, y compris Joule. Ce sujet vous passionne? Écrivez-nous à infojoule@amc.ca.

À propos de l’auteur

Dre Ann Collins

La Dre Ann Collins administre à temps plein une clinique de médecine familiale à Fredericton, au Nouveau Brunswick, et est la présidente désignée de l’Association médicale canadienne.

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